Environnement et rééducation


Quelles sont les raisons et la fonction du comportement ?

Une fois qu’on comprend les causes et la fonction du comportement en question, on est prêt à travailler sur les antécédents, les déclencheurs, et rééduquer son comportement réponse si besoin.
On commencera donc par gérer l'environnement…

Gestion de l’environnement


Et s’il suffisait de gérer différemment l’environnement du chien pour qu’il ne puisse plus manifester le comportement «problématique» ?

Un comportement qui ne peut plus se manifester, tend à disparaître à long terme…
C’est ce qu’on appelle l’extinction, contrairement à un comportement qui peut s’auto-renforcer à force de se répéter et d’être efficace du point de vue du chien…

Gérer l’environnement peut ainsi venir à bout de certains problèmes : il peut s'agir du problème principal mais cela peut aussi permettre de gérer les problèmes secondaires et ainsi de se focaliser sur la rééducation des problèmes plus importants.

Dans un grand nombre de cas, ce sont souvent les deux approches qui vont se compléter : gérer l’environnement pendant la rééducation pour que celle-ci permette d’aboutir au but fixé.





RééDUCATION


C'est la cause et la fonction du comportement qui vont nous indiquer comment rééduquer…
On pourra travailler sur les émotions : lorsque l’émotion change, le comportement change… Mais il faudra aussi parfois travailler sur le comportement lui-même.
C’est alors qu’interviennent les théories de l’apprentissage (qui sont les mêmes dans la plupart des espèces, y compris la nôtre). Ces théories, de plus en plus étudiées, mettent au premier plan la compréhension scientifique de l'apprentissage, et permettent ainsi une réelle efficacité.

Bien comprendre ces théories est donc essentiel pour ne pas faire d’erreurs dans la mise en place des protocoles.

Pourquoi éduquer ?
Il faut bien admettre que nous imposons au chien à vivre dans un monde de règles humaines. On n’a pas le choix, lui non plus, c’est comme ça. C’est pourquoi on se doit de lui enseigner comment se comporter pour que sa vie soit compatible avec le monde d’hommes dans lequel il vit : c'est le minimum…

Quand rééduquer ?
Quand le chien a développé des réponses comportementales qui ne sont, d’une part, pas adaptées à notre monde d’humains, mais aussi, d’autre part, révélatrices d’un vrai mal-être… C’est alors qu’il faut utiliser des méthodes précises de conditionnement entre autres, qui vont permettre de changer cette réponse comportementale.

Pourquoi positive ?
Pour apprendre, on travaille sur la motivation.
Or la motivation est guidée par deux facteurs différents  :
éviter ce qu’on ne veut pas ou obtenir ce qu’on veut (très général dans le domaine du vivant).

D’un point de vue éthique, c’est la deuxième qui paraît évidemment la plus adaptée.
Mais pas que : c’est aussi celle qui aura le plus de résultats permettant un cadre favorable, et qui évitera l’émergence d’autres problèmes de comportement (peur, stress, réactivité, etc).
C’est pourquoi l’ éducation positive paraît être la plus adaptée pour faire de ce compagnon un véritable collaborateur.
Le renforcement positif sera, dans la majorité des cas,induit par des récompenses alimentaires ou par le jeu selon les cas…

Attention cependant : l’éducation positive ne signifie pas récompenser tout le temps, n’importe comment, ni quémander un comportement. Cela demande beaucoup de rigueur et un bon timing !

Comprendre ses intentions et son langage


Attention à l’anthropomorphisme !

On prête souvent des intentions, des raisonnements, des sentiments à nos chiens qui sont en réalité le miroir de notre propre système de pensée.

Une façon très simple d’entrevoir les choses du point de vue du chien est celle-ci : Pourquoi fait-il cela ? Parce que ça marche (de son point de vue), tout simplement…
- Pourquoi tire-t-il en laisse ? Parce que ca marche, il atteint le point désiré ;
- Pourquoi nous saute-t-il dessus ? Parce que ca marche, il obtient l’attention souhaitée ;
- Pourquoi grogne-t-il ? Parce que ca marche, l’humain recule ;
- Pourquoi fuit-il face à un stimulus effrayant ? Parce-que ça marche, le stimulus disparaît
etc.
Et on revient ici aux théories de l’apprentissage et cela nous évite susceptibilité, tristesse, rancœur, sentiment de vengeance… tous ces sentiments humains qui vont venir ternir notre relation et être un frein à une bonne compréhension et une éducation efficace.

Par ailleurs, le chien va utiliser des signaux d’apaisement pour gérer des conflits établis ou émergents : c’est son langage.
Certains d’entre nous interpréterons ces signaux comme aveu d'une «mauvaise» attitude, ce qui nous encouragera à gronder d’autant plus puisque, dans notre interprétation, ils sont bien conscients de leur bêtise. Or, dans leur langage, ils envoient des signaux pour stopper l’interaction. Incompréhension de part et d’autre… qui peut hélas mal se terminer…

Attention aux légendes qui ont la peau dure !

Lui prêter des intentions de «dominer» et d’être le chef de meute est aujourd’hui dépassé : cette notion vient d'études sur des groupes de loups en captivité auxquels on a prêté, il y a plusieurs dizaines d'années, des structures sociales qui n'étaient pas représentatives de la réalité d'une meute en liberté, et qu'on a généralisées au comportement canin. En réalité, on parlera plutôt de leadership naturel des parents du groupe - «papa loup et maman loup» les renommera David Mech en revenant lui-même sur son point de vue antérieur.

Par ailleurs, le chien n’est pas un loup et la structure de son groupe social ne fait ressortir aucune relation dominance-subordination stable, d’après plusieurs études.

Et, enfin, nous ne sommes pas des chiens, nous n’avons donc pas, de par notre nature, les mêmes outils de communication…
Ian Dunbar, lors d’une conférence, disait, ironique : « Vous allez montrer au chien que vous êtes dominant en envoyant des jets d’urine dans toute la maison ?! »


Ce qu’on interpète comme de la domination relève souvent de la protection de ressources et des stratégies mises en place par apprentissage pour atteindre ses objectifs.
La "dominance" n'existe pas, mais relève d'une situation donnée, dans un contexte donné, avec des individus donnés, à un instant donné…

Cette façon d’entrevoir notre relation empêche une relation de collaboration saine entre le chien et son référent, elle est source de stress pour tout le monde ! Elle met une pression terrible à l’humain qui veut à tout prix rester le chef, par peur certainement de perte de contrôle, et aussi peut-être un peu par fierté… Et elle peut faire naître une relation basée sur la crainte, générant un mal être chez le chien, plus ou moins prononcé, et pouvant aussi créer, par réaction, une bombe à retardement chez lui, qui retient ses réponses jusqu’au jour où…

Mais comment entrevoir les choses alors ?
Il faut essayer de décripter ses émotions, ses intentions, ses ressentis.
Comme dit en introduction, on est, et on restera dans l’interprétation à travers notre filtre, quoiqu’on en dise.
Cependant, à défaut de pouvoir vraiment les interpréter en langage humain et les comparer aux nôtres, on est capable aujourd’hui, à force d’observations et d’expériences, de percevoir les émotions positives, négatives, et les signaux d’apaisement dans différentes interactions.
Et c’est ce qui va nous permettre, en mettant parallèlement en pratique des outils d'apprentissage efficaces et scientifiquement reconnus, de prendre la bonne direction dans notre intervention en terme de rééducation.

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